26/10/2011

Qui Babu boira… Leur « héros » était un escroc !

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Présent

Par Rémi Fontaine le 27/10/2011

Surnommé « Babu », il était devenu le héros emblématique du métro. Mort tragiquement au soir du 29 septembre en faisant sa B-A. Avec tous les ingrédients « moralement corrects » pour faire monter la sauce médiatique : un bon immigrant (hindou) venu pour fuir la misère de son pays qui s’interpose spontanément face à un voyou (clandestin égyptien) importunant une jeune femme et qui en meurt. Ce qui est, bien sûr, toujours possible. Et nous avions nous-mêmes salué la chose au passage. Mais la manière dont les médias s’étaient emparés de l’affaire au point de faire déplacer deux ministres (dont l’inquiétant Frédéric Mitterrand) pour rendre un hommage officiel à ce « héros ordinaire » nous rendait en même temps circonspects. Dans ce « mécanisme à quatre temps » (fait divers, reprise médiatique, émotion collective, réaction gouvernementale), comme dit Novopress, on reconnaissait trop le montage d’une désinformation « antiraciste » comme on en a vu à foison dans le passé…

Près d’un mois après la mort du jeune homme de 33 ans, électrocuté sur les voies du métro après une altercation à la station Crimée, les éléments recueillis par les enquêteurs, les images de vidéosurveillance et une expertise toxicologique mettent à mal le scénario du chevalier sikh, sacré trop opportunément par Mariani (ministre des Transports) et Mitterrand (ministre de la Culture) à titre posthume.

Il s’avérerait que Rajinder Singh (« Babu »), en compagnie d’amis de la même communauté ethnique, avait plus de 2,4 grammes d’alcool dans le sang au moment de son décès. Et que c’est lui qui aurait porté les coups contre l’autre qui l’aurait alors repoussé. Ce dernier, Mohamed F., 22 ans, de nationalité égyptienne et « en situation irrégulière », a été interpellé quelques jours plus tard, mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », puis placé en détention.

« Une personne qui se présente comme un témoin direct des faits m’a indiqué que mon client avait eu affaire à un homme en état d’ivresse manifeste. J’ai demandé à ce qu’elle soit entendue par la justice. Je suis également sur le point de faire témoigner une femme, présentée comme importunée par mon client et qui n’est autre qu’une amie à lui », déclare Me Augustin d’Olonne, l’avocat de Mohamed, pour qui le prévenu était en état de légitime défense. Un de ses amis a confié au quotidien 20 minutes : « Il m’a raconté qu’il avait eu un problème avec des Indiens. Ils étaient six et bourrés et il croyait qu’ils allaient le tuer. Il m’a raconté avoir poussé quelqu’un qui est tombé sur les rails. Il ne savait pas qu’il était recherché par la police. »

Bref, il s’agirait là, comme le constate encore Novopress, d’une « énième manifestation (dramatique cette fois-ci) de l’insupportable tension quotidienne qui règne dans le métro et les transports franciliens », l’affaire s’orientant vers un conflit « inter-ethnique » dans une société multiculturelle de plus en plus tendue. Au point que l’avocat de Mohamed déclare à propos de son client : « Le juge a préféré le laisser en détention provisoire car il craint à la fois que Mohamed ne fuie et que sa libération ne crée un émoi dans la communauté indienne. »

Quant aux deux ministres, idiots utiles de cette nouvelle manipulation médiatique, ils n’ont pas tenu, pour le moment, à faire de commentaires…

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